En bref

  • « Ces » se remplace par « ceux-là » ; « ses » par « les siens ».
  • « C'est » se remplace par « cela est » ; « s'est » accompagne toujours un participe passé.
  • Un seul de ces quatre mots peut être suivi d'un participe passé : « s'est ».

Quatre mots qui se prononcent de la même façon, et qui sont pourtant de natures complètement différentes. C’est ce qui rend l’erreur si fréquente : à l’oral, rien ne les distingue, et à l’écrit on essaie de raisonner sur le sens alors qu’il faut raisonner sur la substitution.

Quatre tests, un par mot. Ils fonctionnent à chaque fois.

« ces » : le test de « ceux-là »

« Ces » est un déterminant démonstratif. Il désigne, il montre. C’est le pluriel de « ce », « cet », « cette ».

Le test le plus simple est de mettre au singulier :

Ces livres m’intéressent → ce livre m’intéresse → démonstratif → ces

Second test, souvent plus parlant : remplacer par « ceux-là » ou « celles-là ».

Je prends ces deux-là → je prends ceux-làces

« ses » : le test de « les siens »

« Ses » est un déterminant possessif. Il appartient à quelqu’un. C’est le pluriel de « son » et « sa ».

Même test du singulier, mais le résultat diffère :

Il a rangé ses affaires → il a rangé son affaire → possessif → ses

Et le test de la possession :

Il a rangé ses affaires → il a rangé les siennesses

Le couple des deux tests suffit à trancher n’importe quelle occurrence. Si le singulier donne « ce » ou « cette », c’est ces. S’il donne « son » ou « sa », c’est ses.

PhraseSingulierRéponse
( Ces / Ses ) enfants jouent dehorsces enfants → cet enfantces
Il aime ( ces / ses ) enfantsses enfants → son enfantses
( Ces / Ses ) jours-cice jour-cices
Elle a oublié ( ces / ses ) cléssa cléses

Remarque utile : la présence de « -ci » ou « -là » après le nom signale presque toujours le démonstratif.

« c’est » : le test de « cela est »

« C’est » est la contraction de « ce est ». Il se remplace par « cela est ».

C’est important → cela est important → c’est

Il se place devant un nom, un adjectif, un pronom, un adverbe. Jamais devant un participe passé employé seul dans une forme pronominale.

Attention à un piège : « c’est » peut être suivi d’un participe passé employé comme adjectif.

C’est cassé. → cela est cassé → correct, « cassé » est ici attribut.

La distinction se fait au sens : « c’est cassé » décrit un état, « ça s’est cassé » raconte une action.

« s’est » : il y a toujours un participe passé derrière

« S’est » est le pronom réfléchi « se » suivi de l’auxiliaire « est ». Il appartient à un verbe pronominal au passé composé.

Il s’est levé. Elle s’est trompée. Ça s’est bien passé.

Deux tests, et le second est imparable.

Le changement de personne. Remplacez le sujet par « je » : le pronom réfléchi change avec lui.

Il s’est levé → je me suis levé → pronominal → s’est

La présence obligatoire d’un participe passé. « S’est » n’existe jamais seul : il est toujours suivi du participe d’un verbe. Si aucun participe ne suit, ce n’est pas « s’est ».

C’est le test le plus rapide de tous : regardez le mot suivant. Participe passé → « s’est ». Autre chose → « c’est ».

Le récapitulatif en un tableau

FormeNatureTestSuivi de
cesdémonstratif plurielce / cette au singulierun nom
sespossessif plurielson / sa au singulierun nom
c’estce + estcela estnom, adjectif, pronom
s’estse + estje me suisparticipe passé

Le cinquième larron : « sait »

Il s’invite souvent dans la confusion, et il est en réalité le plus facile à éliminer.

« Sait » est le verbe savoir à la troisième personne. Le test : changez de temps.

Il sait nager → il savait nager → verbe savoir → sait

Aucune des quatre autres formes ne supporte cette transformation. « Il c’était » ou « il ces » ne veulent rien dire.

On rencontre aussi, beaucoup plus rarement, « saie » — un tissu grossier de l’Antiquité, ou une brosse de tailleur de pierre. Sauf contexte très particulier, ce n’est pas ce que vous cherchez à écrire.

Trois phrases pour s’entraîner

( Ces / Ses ) derniers jours, il ( c’est / s’est ) montré discret.

Ce dernier jour au singulier → ces. Suivi du participe montrés’est.

( C’est / S’est ) avec ( ces / ses ) propres économies qu’elle a acheté la maison.

Cela estc’est. Sa propre économie → ses.

Tout ( c’est / s’est ) bien passé, ( c’est / s’est ) l’essentiel.

Passé est un participe → s’est. Puis cela est l’essentielc’est.

La logique est toujours la même : on ne cherche pas ce que la phrase veut dire, on cherche par quoi le mot se remplace. C’est la démarche qui règle aussi « quel que soit », « leur » et « leurs » ou « quand, quant, qu’en » — quatre difficultés qui deviennent mécaniques dès qu’on cesse de raisonner au sens.

Le piège de l’accord avec « s’est »

Il ne suffit pas d’écrire « s’est » : encore faut-il accorder le participe qui suit, et la règle réserve une surprise.

Quand le pronom réfléchi est complément d’objet direct, le participe s’accorde avec le sujet :

Elle s’est levée. Ils se sont trompés.

Quand le pronom est complément d’objet indirect, il n’y a pas d’accord :

Elle s’est dit qu’il fallait partir. (dire à soi-même) Ils se sont parlé longuement. (parler à soi) Elle s’est lavé les mains. (laver les mains à soi — l’objet direct est « les mains », placé après)

Le test : posez la question « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe. « Elle s’est lavée » — lavé qui ? elle-même, donc accord. « Elle s’est lavé les mains » — lavé quoi ? les mains, placé après le verbe, donc pas d’accord.

C’est le prolongement direct de la règle exposée dans le participe passé des verbes pronominaux, et c’est la deuxième couche de difficulté que « s’est » apporte.

« C’est » et l’accord du verbe

Autre question qui revient : écrit-on « c’est eux » ou « ce sont eux » ?

L’usage soigné retient « ce sont » devant un pluriel de la troisième personne :

Ce sont eux qui ont décidé. Ce sont des amis de longue date.

« C’est » reste employé devant « nous » et « vous », et dans la langue courante devant un pluriel :

C’est nous. C’est vous qui voyez.

À l’écrit formel, « ce sont » devant un pluriel de troisième personne est la forme attendue. À l’oral et dans un registre familier, « c’est eux » se dit couramment et ne choque personne.

Un moyen mnémotechnique qui tient

Si un seul repère devait être retenu, ce serait celui-ci :

Regardez le mot qui suit.

  • Un nom derrière ? C’est ces ou ses : mettez au singulier pour trancher.
  • Un participe passé derrière ? C’est s’est, sans hésitation.
  • Autre chose derrière — adjectif, pronom, adverbe, article ? C’est c’est.

Trois quarts des occurrences se règlent avec cette seule observation, sans analyser quoi que ce soit. Le reste relève des cas particuliers vus plus haut.

C’est le même type d’automatisme que celui qui règle « à » et « a » ou « où » et « ou » : un test mécanique appliqué systématiquement vaut mieux qu’une règle comprise mais appliquée au jugé.

Questions fréquentes

Comment ne plus confondre ces et ses ?

Mettez la phrase au singulier. « Ces livres » devient « ce livre » : c'est un démonstratif, on écrit « ces ». « Ses livres » devient « son livre » : c'est un possessif, on écrit « ses ». Le test fonctionne à tous les coups.

Quelle différence entre c'est et s'est ?

« C'est » signifie « cela est » et se place devant un nom, un adjectif ou un pronom. « S'est » fait partie d'un verbe pronominal au passé composé et est toujours suivi d'un participe passé : il s'est levé, elle s'est trompée.

Écrit-on « c'est passé » ou « ça s'est passé » ?

« Ça s'est passé », avec « s'est ». Le verbe est « se passer », un pronominal, et « passé » est son participe. On peut vérifier en changeant de personne : « je me suis passé », qui montre bien le pronom réfléchi.

Et « sait », du verbe savoir ?

Il se distingue immédiatement en changeant de temps : « il sait » devient « il savait ». Aucun des trois autres ne supporte cette transformation. C'est le test le plus rapide quand le doute porte sur quatre formes au lieu de trois.

Sources et méthode

  • Usage grammatical établi du français