En bref

  • Quand marque le temps : il se remplace par « lorsque » ou par « à quel moment ».
  • Quant à signifie « en ce qui concerne » et n'existe jamais seul : il est toujours suivi de à, au, aux, à la ou à l'.
  • Qu'en est la contraction de que et en : il se remplace par « que… de cela », ou signale une restriction du type « seulement en ».
  • On écrit toujours « quand même » et « quand bien même » : la forme « quant même » n'existe pas.

Les trois formes se prononcent presque de la même façon, et une seule est correcte dans chaque phrase. La règle tient en une ligne : quand marque le temps, quant à introduit un point de vue, qu’en est simplement « que » suivi de « en ». Trois tests de substitution suffisent à trancher, et ils fonctionnent à chaque fois.

Le tri en trois tests

Avant les explications, voici le tableau à garder. Il couvre l’immense majorité des cas rencontrés à l’écrit.

Ce que vous voulez direOn écritLe test
À quel moment, lorsquequandRemplacer par « lorsque » ou « à quel moment »
En ce qui concernequant à, quant au, quant auxRemplacer par « en ce qui concerne » ; toujours suivi de à
Que… de celaqu’enRemplacer par « que » + « de cela »
Seulement, dans tel cadrequ’enRemplacer « ne… que » par « seulement »
Malgré toutquand mêmeLa forme « quant même » n’existe pas
Même siquand bien mêmeLe verbe qui suit est au conditionnel

Un détail à mémoriser en priorité, parce qu’il règle la moitié des hésitations : quant ne s’écrit jamais seul. Il appelle obligatoirement à, au, aux, à la ou à l’. Si vous ne trouvez pas cette préposition derrière lui, c’est que vous vouliez écrire autre chose.

« Quand » : le temps, et rien d’autre

Quand relève du temps. Il apparaît sous deux emplois principaux.

Comme conjonction, il introduit une proposition et équivaut à lorsque. « Quand il pleut, je reste chez moi. » « Je te préviendrai quand ce sera prêt. » Le test de substitution est immédiat : lorsque il pleut, lorsque ce sera prêt — la phrase tient, donc on écrit quand.

Comme adverbe interrogatif, il demande le moment. « Quand pars-tu ? » « Depuis quand est-il là ? » « Je ne sais pas quand il arrive. » Ici le test est l’autre : à quel moment pars-tu, depuis quel moment est-il là.

Un troisième emploi, plus littéraire, marque l’opposition : « Il se plaint, quand il devrait remercier. » Quand y signifie alors que. Il reste correct, mais il surprend, et beaucoup de lecteurs le prennent pour une faute. À l’écrit courant, alors que est plus sûr.

Notez enfin les tours figés, tous en d : n’importe quand, de quand date, jusqu’à quand, depuis quand.

« Quant à » : jamais seul, toujours suivi de à

Quant à signifie en ce qui concerne, pour ce qui est de. C’est une locution prépositive : elle sert à isoler un élément pour le commenter à part.

« Quant à moi, je resterai. » « Quant au budget, il sera voté en septembre. » « Quant aux retards, ils s’expliquent. » Dans les trois cas, remplacez par en ce qui concerne : la phrase tient parfaitement.

La préposition se contracte comme d’habitude devant l’article : quant à la réunion, quant à l’accueil, quant au directeur, quant aux invités. C’est un point d’accord mécanique, du même ordre que celui qui sépare le a du à accentué.

Une seule exception à la règle du « jamais seul » : le nom quant-à-soi, écrit avec deux traits d’union, qui désigne la réserve dans laquelle on se tient. « Il est resté sur son quant-à-soi. » C’est un nom masculin figé ; en dehors de lui, quant ne vit qu’accompagné de sa préposition.

Attention enfin à ne pas placer quant à en tête d’une phrase qui ne compare rien. La locution suppose qu’un autre élément vient d’être évoqué : elle marque un passage de l’un à l’autre. Employée sans ce contraste, elle sonne creux.

« Qu’en » : deux mots que l’apostrophe a rapprochés

Ici, il n’y a pas de locution à retenir : il n’y a qu’une élision. La conjonction ou le pronom « que » perd son e devant « en ». Trois configurations se présentent.

Le pronom en. « Qu’en pensez-vous ? » « Qu’en avez-vous fait ? » Le pronom en reprend quelque chose de déjà dit et équivaut à « de cela ». Le test est donc : que pensez-vous de cela, qu’avez-vous fait de cela. Si la substitution marche, l’apostrophe s’impose.

La restriction ne… que. « Il ne travaille qu’en semaine. » « Ce train ne circule qu’en été. » Le couple ne… que signifie seulement, et en est ici une préposition ordinaire. Le test consiste à remplacer l’ensemble par seulement : il travaille seulement en semaine. La phrase tient, donc on écrit qu’en.

La conjonction que suivie d’un complément en en. « Je crois qu’en partant tôt, nous éviterons les bouchons. » « Elle dit qu’en juin, tout sera réglé. » Ici, le test le plus rapide est de supprimer le complément : je crois que nous éviterons les bouchons. La phrase reste debout, ce qui confirme que « que » et « en » sont deux mots distincts.

Dans les trois cas, l’apostrophe n’est jamais décorative : elle signale une lettre tombée. C’est ce qui distingue radicalement qu’en de quand et de quant, qui sont des mots pleins.

Les pièges qui produisent la faute

La liaison orale. C’est la cause principale. Dans « quand il arrive », le d final se prononce comme un t : la liaison donne exactement la même attaque sonore que dans « quant à lui ». L’oreille ne peut donc pas trancher, et c’est bien pour cela que la faute résiste. Seul le sens décide.

« Quand même ». On écrit toujours quand même, avec un d. « Il est venu quand même. » La forme « quant même » n’existe pas, et la voir écrite est fréquent. L’explication est historique : la locution vient de la valeur concessive de quand, celle qui apparaît dans quand bien même. Aucun « en ce qui concerne » n’intervient là-dedans.

« Quand bien même ». Même orthographe, même logique, et une contrainte supplémentaire : le verbe qui suit se met au conditionnel. « Quand bien même il pleuvrait, nous partirions. » Le sens est celui de même si, avec une nuance d’insistance.

Le tour restrictif allongé. « Il n’en reste qu’en petite quantité. » Deux « en » se suivent, le pronom puis la préposition, et l’ensemble déroute. Décomposez : il en reste, seulement en petite quantité. La graphie devient évidente.

Un voisin utile : « qu’en » ou « qu’on »

La confusion se déplace parfois d’un cran. « Qu’en dit-on ? » et « Ce qu’on en dit » sont deux phrases correctes, et l’oreille les sépare mal.

Le test est le même que partout ailleurs : qu’on contient le pronom sujet on, et se remplace par « que quelqu’un ». « Ce qu’on en dit » devient « ce que quelqu’un en dit ». Qu’en contient le pronom ou la préposition en, et se remplace par « de cela » ou par seulement.

C’est toujours le même réflexe qui règle ces familles d’homophones : substituer, puis vérifier que la phrase tient encore. Il tranche aussi bien le ou et le où accentué, le singulier et le pluriel de leur et leurs, ou la coupure de quel que soit et quelque. Une seconde de test vaut mieux qu’une règle apprise par cœur et oubliée.

Questions fréquentes

Comment ne plus confondre quand et quant ?

Par un test de remplacement. Si la phrase reste correcte en substituant « lorsque » ou « à quel moment », il faut écrire quand, avec un d. Si elle reste correcte en substituant « en ce qui concerne », il faut écrire quant, avec un t. Un second repère mécanique existe : quant est toujours suivi de à, au, aux, à la ou à l'. Sans cette préposition derrière lui, il est fautif.

Écrit-on « quand même » ou « quant même » ?

Toujours « quand même », avec un d. La forme « quant même » n'existe pas en français. La locution vient de la valeur concessive de quand, celle que l'on trouve dans « quand bien même » : elle signifie malgré tout, en dépit de ce qui vient d'être dit. C'est une des fautes les plus répandues, entretenue par le fait qu'à l'oral le d se prononce comme un t.

Quand emploie-t-on « qu'en » ?

Chaque fois que « que » se trouve devant « en » et perd son e. Deux cas dominent. Le pronom : « Qu'en pensez-vous ? », qui équivaut à « que pensez-vous de cela ? ». Et la restriction : « Il ne travaille qu'en semaine », où « ne… que » signifie seulement. Dans les deux cas, l'apostrophe marque une élision, pas une locution.

Que signifie « rester sur son quant-à-soi » ?

Se tenir sur la réserve, garder ses distances. C'est la seule expression où quant apparaît en dehors de la locution quant à, et il y est soudé par deux traits d'union : le quant-à-soi est un nom masculin. On écrit « il est resté sur son quant-à-soi », jamais « quand-à-soi ».

Sources et méthode

  • Dictionnaires de langue française et grammaires d'usage pour l'emploi de quand, quant à et des locutions concessives