En bref

  • « Quelque soit » n'existe pas devant un verbe. La forme correcte est toujours « quel que », en deux mots.
  • « Quel » s'accorde avec le sujet placé après le verbe : quel que soit, quelle que soit, quels que soient, quelles que soient.
  • Le test : si la phrase accepte « peu importe » à la place, c'est « quel que ». Si le mot est suivi d'un nom, c'est « quelque ».
  • Retenez la frontière : « quel que » précède un verbe, « quelque » précède un nom ou un adjectif.

La forme « quelque soit » n’existe pas. Devant un verbe, on écrit toujours « quel que » en deux mots, et « quel » s’accorde avec le sujet qui vient après. C’est l’ensemble de la règle. La difficulté ne vient pas d’elle, mais de la confusion avec « quelque », qui se prononce exactement pareil et qui obéit à une logique différente.

La règle, et pourquoi elle est ainsi

Dans « quel que soit ton avis », « quel » n’est pas soudé à « que » : c’est un adjectif attribut du sujet, et le sujet est ce qui suit le verbe — ici « ton avis ».

C’est ce statut d’adjectif qui explique l’accord. Comme dans « ton avis est grand », l’adjectif prend le genre et le nombre de ce qu’il qualifie. Sauf qu’ici l’ordre est inversé : l’adjectif arrive avant, le sujet après.

D’où quatre formes, et quatre seulement.

FormeSujet qui suitExemple
quel que soitmasculin singulierQuel que soit le résultat, nous continuerons.
quelle que soitféminin singulierQuelle que soit votre décision, prévenez-nous.
quels que soientmasculin plurielQuels que soient vos projets, ils demandent du temps.
quelles que soientféminin plurielQuelles que soient les difficultés, elles se surmontent.

Notez que l’accord se fait deux fois : sur « quel » et sur le verbe. « Quelles que soient » comporte donc deux marques de pluriel, ce qui explique la fréquence des formes hybrides du type « quelles que soit », toujours fautives.

Le test qui tranche en une seconde

Remplacez mentalement le groupe par « peu importe ».

  • « Peu importe ton avis, je le ferai. » La phrase tient : c’est donc quel que soit ton avis.
  • « Peu importe temps, il partira. » La phrase ne tient pas : ce n’était pas « quel que », mais quelque temps.

Ce test fonctionne parce que « quel que » introduit une concession — l’idée que la chose n’y changera rien — ce qui est exactement ce qu’exprime « peu importe ». « Quelque », lui, quantifie ou détermine ; il ne se remplace jamais ainsi.

Une variante encore plus rapide, purement mécanique : regardez le mot qui suit immédiatement. Un verbe, c’est « quel que ». Un nom ou un adjectif, c’est « quelque ».

Le vrai piège : les trois « quelque »

La confusion vient de ce que « quelque » recouvre trois emplois distincts, dont deux seulement s’accordent.

Déterminant indéfini — il désigne une quantité indéterminée et s’accorde en nombre avec le nom :

Il est resté quelque temps. Nous avons quelques raisons d’y croire.

Adverbe devant un nombre — il signifie « environ » et reste invariable :

La salle contenait quelque deux cents personnes.

C’est l’emploi le plus piégeux, parce que le nom qui suit est au pluriel et attire naturellement un « s » qui n’a pas lieu d’être. Le test : si l’on peut remplacer par « environ », le mot est invariable.

Adverbe devant un adjectif, dans la tournure « quelque… que » — il signifie « si » ou « aussi », et reste également invariable :

Quelque habiles qu’ils soient, ils échoueront.

Cette dernière construction se raréfie à l’oral, mais elle reste vivante à l’écrit soutenu. On la distingue de « quel que » à un détail : elle encadre un adjectif, là où « quel que » précède directement le verbe.

Les cas qui font hésiter, même quand la règle est sue

Deux sujets de genres différents. Le masculin l’emporte, comme partout ailleurs en français :

Quels que soient votre âge et votre situation, le dossier reste le même.

Un verbe intercalé. Les auxiliaires de modalité peuvent s’insérer sans que rien ne change :

Quelles que puissent être vos réserves, exprimez-les. Quel que doive être le coût, la réparation s’impose.

L’accord continue de se faire avec le sujet, qui reste placé après le groupe verbal.

Un sujet éloigné. C’est la source d’erreur la plus fréquente à l’écrit, parce que l’accord se décide sur un mot qu’on n’a pas encore écrit au moment où l’on écrit « quel ». La parade consiste à formuler la fin de la phrase d’abord, mentalement, avant de trancher la forme.

Quelles que soient, au terme de cette longue procédure, les conclusions du rapport…

Ici le sujet est « les conclusions », féminin pluriel, malgré les huit mots qui l’en séparent.

Ce qu’il faut retenir

Une frontière, un test, quatre formes.

La frontière : « quel que » précède un verbe, « quelque » précède un nom ou un adjectif. Elle règle à elle seule la quasi-totalité des cas.

Le test : si « peu importe » peut prendre la place du groupe, écrivez « quel que » et accordez avec le sujet qui suit.

Et une garantie négative, utile parce qu’elle est absolue : « quelque soit » ne s’écrit jamais. Aucun contexte, aucune tolérance, aucune exception littéraire. Si vous hésitez encore au moment d’écrire, cette seule certitude élimine déjà la moitié des possibilités.

Questions fréquentes

Écrit-on « quelque soit le prix » ou « quel que soit le prix » ?

« Quel que soit le prix », en deux mots. Le sujet du verbe être est « le prix », masculin singulier, donc « quel » reste au masculin singulier. La graphie « quelque soit » est une faute, sans exception ni tolérance.

Pourquoi écrit-on parfois « quelles que soient » ?

Parce que « quel » s'accorde avec le sujet qui suit le verbe. Dans « quelles que soient vos raisons », le sujet est « vos raisons », féminin pluriel : « quel » devient « quelles » et « soit » devient « soient ». L'accord se fait donc deux fois, sur l'adjectif et sur le verbe.

Quelle différence entre « quel que » et « quelque » ?

« Quel que » est suivi d'un verbe, presque toujours « être » au subjonctif : quel que soit son avis. « Quelque » est suivi d'un nom ou d'un adjectif : quelque temps, quelque cent personnes. C'est la nature du mot qui suit qui tranche, et rien d'autre.

Peut-on écrire « quel que soit » avec un autre verbe qu'être ?

Oui, avec les auxiliaires de modalité qui accompagnent être : « quelles que puissent être vos réserves », « quel que doive être le résultat ». La construction et l'accord ne changent pas, seul un verbe s'intercale.

Sources et méthode

  • Règles d'accord de la locution concessive « quel que » telles qu'établies par les grammaires de référence du français