En bref

  • Connaître est un verbe du 3e groupe, conjugué avec avoir : je connais, il connaît, nous connaissons, j'ai connu, je connaîtrai, que je connaisse.
  • Règle de l'accent : en orthographe traditionnelle, le i prend un circonflexe quand il est suivi d'un t, et seulement là. Il connaît, connaître, je connaîtrai, mais je connais, nous connaissons.
  • Depuis les rectifications de 1990, l'accent sur le i est facultatif : il connait, connaitre et je connaitrai sont admis. Le circonflexe du passé simple (nous connûmes) et du subjonctif imparfait (qu'il connût) reste obligatoire.
  • Reconnaître, méconnaître, paraître, apparaître, disparaître et comparaître se conjuguent exactement sur le même modèle.

Connaître est un verbe du 3e groupe qui se conjugue avec l’auxiliaire avoir : je connais, il connaît, nous connaissons, j’ai connu, je connaîtrai, que je connaisse. Une seule règle demande de l’attention, celle de l’accent circonflexe. En orthographe traditionnelle, le i en porte un quand il est suivi d’un t, et nulle part ailleurs. Depuis 1990, cet accent est facultatif sur le i, mais pas au passé simple.

La règle de l’accent, avant les tableaux

C’est la question qui amène la plupart des lecteurs sur cette page : pourquoi « il connaît » prend-il un accent, alors que « je connais » n’en a pas ? La réponse tient en une observation. Dans toute la conjugaison, le i porte un circonflexe quand la lettre qui suit est un t, et seulement dans ce cas.

Il suffit donc de regarder la lettre qui suit le i :

  • i + t : il connaît, connaître, je connaîtrai, tu connaîtrais. Accent.
  • i + s : je connais, tu connais, nous connaissons, que je connaisse. Pas d’accent.

L’accent est la trace d’un s disparu : l’ancien français écrivait « connoistre ». Ce s ne se prononçait plus, il est tombé, et le circonflexe a pris sa place. Là où le s existe toujours, comme dans « connaissons », il n’a rien à remplacer.

Les rectifications orthographiques de 1990 ont rendu cet accent facultatif sur le i et le u. « Il connait », « connaitre » et « je connaitrai » sont donc admis, à côté des formes traditionnelles. Le même principe vaut pour d’autres mots courants, comme nous l’expliquons à propos de tâche et tache. Dans un même texte, mieux vaut choisir une graphie et s’y tenir.

Les temps simples de l’indicatif

Le radical change selon les personnes : connai- au singulier du présent, connaiss- au pluriel et à l’imparfait, conn- au passé simple, connaîtr- au futur. Le tableau donne l’orthographe traditionnelle ; les formes qui portent un î s’écrivent aussi sans accent depuis 1990.

PersonnePrésentImparfaitPassé simpleFutur simple
jeconnaisconnaissaisconnusconnaîtrai
tuconnaisconnaissaisconnusconnaîtras
il, elle, onconnaîtconnaissaitconnutconnaîtra
nousconnaissonsconnaissionsconnûmesconnaîtrons
vousconnaissezconnaissiezconnûtesconnaîtrez
ils, ellesconnaissentconnaissaientconnurentconnaîtront

Deux remarques sur ce tableau. Au présent, « vous connaissez » ne prend jamais d’accent : le i y est suivi d’un s. Au futur, toutes les personnes portent l’accent, puisque le radical connaîtr- place toujours un t après le i.

Le conditionnel présent se forme sur le même radical que le futur : je connaîtrais, tu connaîtrais, il connaîtrait, nous connaîtrions, vous connaîtriez, ils connaîtraient. Entre « je connaîtrai » et « je connaîtrais », une lettre change le sens. Le test de la troisième personne, détaillé dans notre article sur le futur ou le conditionnel, tranche : « il connaîtra » donne le futur, « il connaîtrait » le conditionnel.

Subjonctif, impératif, participes

Le subjonctif présent reprend le radical du pluriel : que je connaisse, que tu connaisses, qu’il connaisse, que nous connaissions, que vous connaissiez, qu’ils connaissent. Aucune forme n’y porte d’accent, puisque le i y est toujours suivi d’un s.

Le subjonctif imparfait, plus rare, se forme sur le passé simple : que je connusse, que tu connusses, qu’il connût, que nous connussions, que vous connussiez, qu’ils connussent. On le croise surtout en littérature et dans les textes soutenus.

ModeFormes
Impératif présentconnais, connaissons, connaissez
Participe présentconnaissant
Participe passéconnu, connue, connus, connues
Infinitifconnaître (ou connaitre)

Le participe passé connu ne prend jamais d’accent, au masculin comme au féminin. C’est une erreur fréquente par contamination avec « connût » : le circonflexe n’appartient qu’au subjonctif imparfait.

Les temps composés

Connaître se conjugue avec avoir à tous les temps composés. Il suffit de conjuguer l’auxiliaire et d’ajouter le participe passé.

TempsExemple à la 1re personne
Passé composéj’ai connu
Plus-que-parfaitj’avais connu
Passé antérieurj’eus connu
Futur antérieurj’aurai connu
Conditionnel passéj’aurais connu
Subjonctif passéque j’aie connu
Subjonctif plus-que-parfaitque j’eusse connu

Le participe passé suit alors la règle générale de l’accord avec avoir : il reste invariable, sauf si le complément d’objet direct est placé avant le verbe. On écrit donc « j’ai connu ces gens », mais « les gens que j’ai connus ». La règle complète est détaillée dans notre page sur l’accord du participe passé avec avoir.

À la forme pronominale, se connaître prend l’auxiliaire être : « ils se sont connus au lycée ». L’accord se fait ici avec le pronom « se », complément d’objet direct placé avant le verbe.

Les trois pièges du passé simple et du subjonctif

C’est sur ces temps rares que se concentrent les erreurs, parce qu’on les écrit trop peu pour avoir le réflexe.

Premier piège : « qu’il connut » ou « qu’il connût ». Les deux existent, mais pas au même mode. « Il connut » est le passé simple de l’indicatif, sans accent. « Qu’il connût » est le subjonctif imparfait, avec accent. Pour choisir, remplacez par le verbe être : si « il fut » convient, c’est le passé simple ; si « qu’il fût » convient, c’est le subjonctif.

Deuxième piège : l’accent de « nous connûmes ». Les rectifications de 1990 ont rendu le circonflexe facultatif sur le i et le u, mais avec des exceptions expresses. Elles le maintiennent dans les terminaisons du passé simple (nous connûmes, vous connûtes) et du subjonctif imparfait (qu’il connût). Écrire « nous connumes » n’est donc admis par aucune des deux orthographes.

Troisième piège : l’imparfait et le subjonctif présent. « Que nous connaissions » et « nous connaissions » s’écrivent de la même façon. Seul le contexte décide : « il faut que nous connaissions la réponse » est au subjonctif, « autrefois, nous connaissions tous les voisins » est à l’imparfait. L’orthographe ne change pas, le risque d’erreur est donc nul à l’écrit.

Les verbes qui se conjuguent comme connaître

Connaître sert de modèle à toute une famille de verbes en -aître. Une fois sa conjugaison acquise, ils suivent sans effort, avec la même règle de l’accent.

VerbePrésent (il)Passé simple (il)Participe passé
reconnaîtrereconnaîtreconnutreconnu
méconnaîtreméconnaîtméconnutméconnu
paraîtreparaîtparutparu
apparaîtreapparaîtapparutapparu
disparaîtredisparaîtdisparutdisparu
comparaîtrecomparaîtcomparutcomparu

Une différence pratique concerne l’auxiliaire. Connaître et reconnaître se conjuguent avec avoir. Apparaître se conjugue avec être : « elle est apparue ». Disparaître prend avoir dans l’usage courant, « il a disparu ». En revanche, naître et croître ne suivent pas ce modèle : je naquis, il crût. Ce sont des verbes à part.

Connaître ou savoir ?

La conjugaison réglée, reste le choix du verbe. Connaître se construit avec un nom : on connaît une personne, une ville, une recette, un chemin. Savoir se construit avec un infinitif ou une proposition : on sait nager, on sait qu’il viendra, on sait où il habite.

« Je connais qu’il a raison » se lit chez des auteurs anciens, mais l’usage moderne dit « je sais qu’il a raison ». À l’inverse, « je sais cette personne » ne se dit pas. Quand un complément nominal peut se remplacer par « que » suivi d’une phrase, c’est savoir qu’il faut employer.

Questions fréquentes

Faut-il écrire « il connaît » ou « il connait » ?

Les deux sont corrects. « Il connaît », avec l'accent circonflexe, est l'orthographe traditionnelle. « Il connait », sans accent, est admise depuis les rectifications orthographiques de 1990, qui ont rendu le circonflexe facultatif sur le i. Il suffit de rester cohérent dans un même texte.

Pourquoi « je connais » n'a-t-il pas d'accent ?

Parce que l'accent circonflexe de connaître ne se place que sur un i suivi d'un t. À « je connais » et « tu connais », le i est suivi d'un s : pas d'accent. À « il connaît », il est suivi d'un t : accent en orthographe traditionnelle.

Quel est le passé simple de connaître ?

Je connus, tu connus, il connut, nous connûmes, vous connûtes, ils connurent. Le circonflexe de « nous connûmes » et « vous connûtes » est obligatoire : la réforme de 1990 ne l'a pas touché, car il appartient aux terminaisons du passé simple.

Connaître se conjugue-t-il avec être ou avoir ?

Avec avoir : j'ai connu, nous avions connu. À la forme pronominale, comme tous les verbes pronominaux, il prend être : ils se sont connus à Lyon.

Sources et méthode

  • Les rectifications de l'orthographe, rapport du Conseil supérieur de la langue française, Journal officiel, Documents administratifs n° 100, 6 décembre 1990
  • Tableaux de conjugaison des verbes en -aître dans les dictionnaires et grammaires de référence de la langue française