En bref

  • Le test tient en un mot : si « plus » convient, on écrit « davantage » en un seul mot.
  • « D'avantage » en deux mots est rare et suppose le nom : « il n'y voit pas d'avantage », c'est-à-dire pas de bénéfice.
  • « Davantage » s'écrit toujours en un mot devant « de » : davantage de temps, davantage de pain, davantage d'idées.
  • Le mot vient bien de la soudure de « de » et « avantage », au sens ancien de « position avantageuse » : l'hésitation moderne est un souvenir de cette origine.

Un test suffit, et il tient en un mot : si « plus » peut prendre la place du mot hésitant, on écrit « davantage », en un seul morceau. Le reste de cet article explique pourquoi ce test fonctionne, et quels sont les rares cas où il ne suffit pas.

Deux mots qui ne font pas le même métier

Ce ne sont pas deux orthographes d’un même mot, mais deux mots de nature différente, qui se prononcent par hasard de la même façon.

  • Davantage est un adverbe. Il modifie un verbe, un autre adverbe ou une quantité, et signifie « plus ». Il est invariable, et il s’écrit toujours en un seul mot.
  • D’avantage est la préposition « de » suivie du nom « avantage », c’est-à-dire un bénéfice, un profit, un atout. Le nom peut se mettre au pluriel : « pas d’avantages ».

D’où le test, et sa version de secours : si « plus » convient, c’est l’adverbe ; si « de bénéfice » convient, c’est le nom.

PhraseCe qu’on peut substituerOrthographe
Il faudrait travailler ____plusdavantage
Je n’en sais pas ____plusdavantage
Elle veut ____ de tempsplus de tempsdavantage de temps
Je n’y vois pas ____de bénéficed’avantage
Ce contrat ne présente pas ____de bénéficesd’avantages

Une statistique d’usage vaut ici toutes les règles : dans la langue courante, la forme en un seul mot est la bonne dans la très grande majorité des cas. Écrire « d’avantage » par défaut, c’est se tromper presque à tous les coups.

Le piège numéro un : « davantage de »

C’est de très loin la faute la plus répandue, et elle vient d’un raisonnement qui semble logique.

En voyant « ____ de temps », l’œil cherche une préposition, trouve « de », et en déduit qu’il faut couper. Or la construction correcte est « davantage de » + nom : l’adverbe est suivi de sa propre préposition, comme dans « beaucoup de temps » ou « moins de temps ».

  • Il nous faudrait davantage de place. ✔
  • Il nous faudrait d’avantage de place. ✘

Le contre-test est imparable : remplacez par « beaucoup ». « Beaucoup de place » fonctionne, donc la structure est bien adverbe + « de » + nom.

Le piège numéro deux : la phrase où les deux sont possibles

Il existe de rares phrases où les deux orthographes produisent une phrase correcte — et deux sens différents.

Il n’y a pas davantage à en dire. → Il n’y a pas plus à en dire. Il n’y a pas d’avantage à en dire. → Il n’y a aucun bénéfice à en parler.

Dans ces cas, aucun test mécanique ne tranche : c’est le sens visé qui décide. Ce sont aussi les seules phrases où la forme en deux mots est réellement attendue, et elles restent peu fréquentes.

Trois emplois corrects, et deux fautes classiques

Ce qui se dit :

  1. Davantage + verbe : « Elle lit davantage depuis qu’elle a déménagé. »
  2. Davantage de + nom : « Nous aurions aimé davantage d’explications. »
  3. Davantage que : « Il s’implique davantage que l’an dernier. »

Ce qui ne se dit pas :

  • « Plus davantage », pléonasme : les deux mots disent la même chose. On écrit « encore davantage » si l’on veut renchérir.
  • « Davantage meilleur » : « meilleur » est déjà le comparatif de « bon ». On écrit « bien meilleur », ou simplement « meilleur ».

Un dernier point de style, qui n’est pas une règle. Davantage appartient à un registre un peu plus soutenu que « plus », mais il rend surtout service à l’écrit dans un cas précis : quand « plus » risque d’être lu comme une négation. « Il n’en veut plus » et « il n’en veut pas davantage » ne disent pas la même chose, et la seconde phrase ne peut pas être mal comprise.

D’où vient cette hésitation

Elle n’est pas une invention moderne : le mot est réellement né de la soudure de « de » et « avantage ».

En ancien français, « avantage » désigne d’abord ce qui est en avant — une position dominante, un gain de terrain. « Avoir d’avantage » signifiait avoir l’ascendant, l’emporter. L’expression s’est agglutinée en un seul mot au fil des siècles, et a glissé de l’idée de supériorité à celle de quantité : plus.

L’hésitation d’aujourd’hui est donc le souvenir d’une soudure ancienne. C’est le même phénomène qui a donné « aujourd’hui », « bonjour » ou « malgré », et c’est aussi ce qui explique que l’oreille n’entende aucune différence.

Ce genre de couple homophone est la principale source de fautes du français écrit : le son est identique, seul le sens tranche. C’est exactement la mécanique de « près » et « prêt », celle de « quand », « quant » et « qu’en », et celle de « a » et « à ». Dans chaque cas, la méthode est la même : trouver le mot de remplacement qui n’a pas d’homophone, et l’essayer à voix basse.

Questions fréquentes

Comment savoir si on écrit « davantage » ou « d'avantage » ?

Remplacez mentalement par « plus ». Si la phrase tient — « il en veut plus », « travaille plus » —, c'est l'adverbe « davantage », en un seul mot. Si « plus » ne convient pas mais que « de bénéfice » ou « de profit » convient, c'est le nom : « je n'y vois pas d'avantage ». Dans l'immense majorité des phrases courantes, c'est la première solution qui s'applique.

Écrit-on « davantage de temps » ou « d'avantage de temps » ?

« Davantage de temps », en un seul mot. La construction « davantage de » suivie d'un nom est parfaitement correcte et très courante : davantage de travail, davantage d'espace, davantage de clients. La forme « d'avantage de temps » n'a aucun sens, puisqu'elle reviendrait à dire « de bénéfice de temps ».

Peut-on écrire « davantage que » ?

Oui. « Il travaille davantage que son frère » est correct, comme « il travaille plus que son frère ». En revanche, « davantage » ne se combine pas avec « plus » : « plus davantage » est un pléonasme fautif. Et on ne dit pas « davantage meilleur » : le comparatif de « bon » est « meilleur », qui se suffit à lui-même.

« Davantage » peut-il s'employer avec un adjectif ?

C'est possible mais délicat, et souvent moins naturel que « plus ». On dira sans hésiter « elle est plus attentive » plutôt que « elle est davantage attentive ». L'adverbe s'emploie plus volontiers avec un verbe — travailler davantage —, avec un nom introduit par « de », ou seul en fin de phrase : « je n'en sais pas davantage ».

Sources et méthode

  • Usage contemporain de l'adverbe « davantage » et du substantif « avantage » en français.
  • Formation du mot par agglutination de la préposition et du nom, attestée dans l'histoire de la langue.