En bref

  • Mettez le mot au féminin : si « prête » convient, c'est « prêt ». Sinon, c'est « près », qui ne varie jamais.
  • « Prêt à » dit la disposition : il est prêt à partir. « Près de » dit l'imminence : il est près de partir.
  • Toutes les locutions en « à … près » s'écrivent avec « près » : à peu près, à cela près, au mot près, à un jour près.
  • « Il n'est pas près de recommencer » prend « près » : la locution signifie « ce n'est pas demain la veille ».

Mettez le mot au féminin. Si prête convient, écrivez prêt ; sinon, écrivez près, qui ne varie jamais. Le test ne connaît aucune exception, parce que « prêt » est un adjectif et que « près » n’en est pas un.

Le test : mettez la phrase au féminin

Un adjectif s’accorde, un adverbe ne s’accorde pas. C’est toute la règle, et le féminin suffit à révéler lequel des deux mots la phrase appelle.

Il est prêt à signer. → Elle est prête à signer. Le féminin passe : c’est l’adjectif, donc prêt. Il habite tout près d’ici. → Elle habite tout prête d’ici ne veut rien dire : c’est près.

Le test fonctionne aussi au pluriel, et souvent plus vite. « Ils sont prêts » devient « elles sont prêtes » sans effort ; « ils habitent près » ne bouge pas d’un caractère, quel que soit le sujet.

Une précision utile pour les cas oraux : les deux mots se prononcent exactement de la même façon, \pʁɛ\. Aucun indice sonore ne vous aidera, ce qui explique que la faute résiste même chez les bons rédacteurs.

Deux mots sans aucun lien de parenté

La confusion est purement phonétique. Les deux mots viennent de familles latines distinctes : près remonte à pressus, qui a donné aussi presser et presque, tandis que prêt remonte au bas latin praestus, « qui est sous la main, à disposition ».

Cette origine explique le sens de chacun. Pressus dit le serré, donc le proche ; praestus dit le disponible, donc le préparé. Aucun glissement de sens ne les a jamais rapprochés, et c’est pourquoi ils ne se substituent jamais l’un à l’autre.

MotNatureVarie ?FormesSens
prèsadverbe ou prépositionjamaisprèsà faible distance, dans l’espace ou le temps
prêtadjectifouiprêt, prête, prêts, prêtespréparé, disposé à
un prêtnom masculinouiun prêt, des prêtssomme prêtée

Le tableau contient déjà la réponse à la plupart des hésitations : dès qu’une marque de genre ou de nombre est possible, le mot n’est pas « près ». C’est le même mécanisme que celui qui distingue l’adverbe de l’adjectif dans « même » et « mêmes », où une seule question tranche également tous les cas.

« Prêt à » ou « près de » : la faute la plus fréquente

Les deux tournures se placent au même endroit de la phrase, devant un infinitif, et c’est là que la faute se glisse. Elles ne disent pourtant pas du tout la même chose.

« Prêt à » dit la disposition. Le sujet a fait ses préparatifs, ou il consent à ce qui suit. La chose dépend de lui.

« Près de » dit l’imminence. L’événement va se produire dans un instant, que le sujet le veuille ou non. On peut remplacer par « sur le point de ».

PhraseSensLe sujet décide-t-il ?Graphie
Il est prêt à démissionneril y consentouiprêt à
Il est près de démissionneril va le faire d’un instant à l’autrenonprès de
Le repas est prêtil est préparéprêt
Le train est près de partiril part dans une minutenonprès de
Elle est prête pour l’entretienelle est préparéeouiprête pour

Le remplacement par « sur le point de » tranche seul les cas douteux. « Il est sur le point de démissionner » se dit ; « le repas est sur le point » ne se dit pas. Quand la substitution passe, écrivez près de.

Un piège inverse mérite d’être connu, parce qu’il produit une faute dans l’autre sens. La locution « ne pas être près de » signifie « ce n’est pas demain la veille » et s’écrit avec « près », alors que le sens fait penser à une disposition.

Il n’est pas près de recommencer. (il ne risque pas de recommencer) Il n’est pas prêt à recommencer. (il n’y consent pas encore)

Les deux phrases sont correctes et disent deux choses différentes. La première est de loin la plus employée, et c’est celle qu’on écrit le plus souvent de travers.

Enfin, la construction « prêt de » n’a plus cours : on la rencontre dans des textes anciens, mais l’usage moderne ne la retient pas. « Prêt » se construit avec à ou avec pour — prêt à partir, prêt pour le départ.

« À … près » : la famille où l’on écrit toujours « près »

Voici le point que la plupart des articles expédient en une ligne, alors qu’il représente l’essentiel des occurrences réelles du mot. La construction « à … près » encadre une quantité et indique la marge à l’intérieur de laquelle on reste exact. Elle réclame près, sans aucune exception.

LocutionSensExemple
à peu prèsapproximativementil y avait à peu près cent personnes
à peu de chose prèspresque exactementle compte y est, à peu de chose près
à cela près, à ceci prèsavec cette seule différencec’est le même texte, à ceci près qu’il est signé
au mot prèssans la moindre variationelle a récité son discours au mot près
à l’euro prèssans arrondila facture est juste, à l’euro près
à un jour prèsà un jour d’écartils sont nés à un jour près
à quelques détails prèsen négligeant l’accessoirele plan tient, à quelques détails près
à beaucoup prèsloin de là (soutenu)ce n’est pas le meilleur, à beaucoup près

La logique est constante : ce qui se mesure en écart s’écrit « près ». Aucune de ces tournures n’admet « prêt », et le test du féminin le confirme immédiatement — « à peu prête » ne signifie rien.

Deux détails d’écriture accompagnent cette famille. « À peu près » devient un nom quand on parle de l’approximation elle-même, et prend alors des traits d’union : « ce rapport est plein d’à-peu-près ». Et comme toutes les locutions figées de ce type, elle ne se décompose pas : le « à » initial ne se teste pas, contrairement à ce que permet le « a » sans accent du verbe avoir.

« De près », « tout près », « tout prêt »

Trois tournures courtes concentrent le reste des hésitations, et toutes se règlent avec le même réflexe.

« De près » indique la distance, au propre comme au figuré, et s’écrit toujours ainsi : suivre de près, surveiller de près, regarder de plus près, se raser de près, connaître quelqu’un de près. Le mot y garde son sens spatial d’origine, même quand la phrase parle d’attention plutôt que de mètres.

« Tout près » et « tout prêt » existent tous les deux, et ne disent pas la même chose. Le premier renforce la proximité, le second l’état de préparation.

La gare est tout près. (très proche) Le dossier est tout prêt. (entièrement préparé)

Le féminin sépare aussitôt les deux : « elle est tout près » reste invariable, tandis que « elle est toute prête » accorde deux fois. Ce double accord suit la règle de l’adverbe « tout » devant un adjectif féminin à initiale consonantique, que nous détaillons dans l’article consacré à l’accord de « tout ».

« Fin prêt » suit le même régime : « fin » y est adverbe et reste invariable, « prêt » est adjectif et s’accorde — elles sont fin prêtes.

Reste le nom un prêt, celui qu’accorde une banque, qui n’entre jamais en concurrence avec « près » puisqu’il est précédé d’un déterminant. On le retrouve dans les composés courants du commerce : prêt-à-porter, prêt à l’emploi, prêt-à-monter. Tous désignent quelque chose de préparé d’avance, jamais quelque chose de proche.

Six phrases, corrigées

« Il y avait à peu prêt trente personnes. » Faux. La locution mesure un écart : à peu près.

« Le comptable a vérifié les chiffres à l’euro prêt. » Faux, pour la même raison. La construction « à … près » ne connaît pas d’exception : à l’euro près.

« Elle est prête de craquer. » Faux deux fois. Le sens visé est l’imminence, donc près de craquer — et « prêt de » n’est plus admis en français moderne.

« Ils ne sont pas prêts de nous le pardonner. » Faux si l’on veut dire qu’ils ne sont pas près de le faire, c’est-à-dire que ce n’est pas demain la veille : pas près de. La phrase avec « prêts » existe, mais elle signifie qu’ils n’y consentent pas encore.

« Les valises sont tout prêtes. » Correct, et l’accord est double : « tout » devient « toutes » devant un adjectif féminin commençant par une consonne. On écrit donc toutes prêtes, sauf à vouloir dire qu’elles se trouvent à proximité, auquel cas ce serait « tout près ».

« Surveille-le de prêt. » Faux. La locution dit la distance, pas la préparation : de près.

Le raccourci qui couvre tout : si le mot peut prendre un e au féminin, il prend un accent circonflexe ; sinon, il prend un accent grave et ne bouge plus. Les tests par substitution de ce genre règlent la plupart des homophones du français, comme celui qui sépare « ou » et « où ».

Questions fréquentes

Écrit-on « à peu près » ou « à peu prêt » ?

« À peu près », toujours. La locution mesure un écart — on est à peu de distance du compte exact — et tout ce qui mesure un écart s'écrit avec « près ». La graphie « à peu prêt » n'existe dans aucun emploi. Le nom qui en dérive prend des traits d'union : « ce rapport est plein d'à-peu-près ».

« Suivre de près » ou « suivre de prêt » ?

« De près », avec l'accent grave. La locution dit la distance : on suit à faible distance, au propre comme au figuré. C'est la même chose pour « surveiller de près », « regarder de plus près » et « rasé de près ». Le test du féminin le confirme : « suivre de prête » ne veut rien dire.

Dit-on « il est près de partir » ou « il est prêt à partir » ?

Les deux existent et ne disent pas la même chose. « Près de partir » signifie qu'il va partir dans un instant : c'est l'imminence, et elle ne dépend pas de lui. « Prêt à partir » signifie qu'il a fait ses préparatifs ou qu'il y consent : c'est la disposition, et elle dépend de lui. Un train est près de partir ; un voyageur est prêt à partir.

« Au mot près » ou « au mot prêt » ?

« Au mot près ». La construction « à … près » indique toujours la marge à l'intérieur de laquelle on reste exact, et elle réclame « près » quel que soit le mot inséré : au mot près, à l'euro près, à un jour près, à quelques détails près. Aucune de ces expressions ne s'écrit avec « prêt ».

La tournure « prêt de » existe-t-elle ?

On la rencontre dans des textes anciens, mais la langue d'aujourd'hui ne la retient plus : au sens de « sur le point de », on écrit « près de ». « Prêt » se construit avec « à » — prêt à partir — ou avec « pour » — prêt pour le départ. Écrire « prêt de faire quelque chose » passe aujourd'hui pour une faute.

Faut-il écrire « elles sont tout près » ou « toutes prêtes » ?

Cela dépend du sens. « Elles sont tout près » signifie qu'elles se trouvent à faible distance : « près » est invariable, et « tout » l'est aussi devant lui. « Elles sont toutes prêtes » signifie qu'elles sont entièrement préparées : « prêtes » s'accorde, et « toute » prend la marque du féminin devant une consonne.

Sources et méthode

  • Relevé des locutions figées construites sur « près » (à … près, à peu près, à cela près, de près, près de, ne pas être près de) et sur « prêt » (prêt à, fin prêt, prêt-à-porter) dans les dictionnaires d'usage du français
  • Étymologies distinctes des deux mots : « près » remonte au latin pressus, « prêt » au bas latin praestus — deux familles sans point commun, ce qui explique qu'aucun des deux ne peut remplacer l'autre
  • Règle « près ou prêt » publiée par le Projet Voltaire, consultée en septembre 2026, pour l'état de la doctrine courante sur « prêt à » et « près de »