En bref

  • Quoique en un mot signifie « bien que » : c'est une conjonction de concession, suivie du subjonctif.
  • Quoi que en deux mots signifie « quelle que soit la chose que » : quoi y est un pronom, complément du verbe qui suit.
  • « Quoi qu'il en soit », « quoi qu'il arrive », « quoi que ce soit » s'écrivent toujours en deux mots.
  • Quoiqu'il (bien qu'il) et quoi qu'il (quelle que soit la chose qu'il) existent tous les deux : seul le sens tranche.

Les deux formes se prononcent exactement de la même façon, elles demandent toutes les deux le subjonctif, et elles peuvent apparaître dans des phrases de structure identique. Seul le sens décide. La règle tient en une ligne : quoique en un mot signifie « bien que », quoi que en deux mots signifie « quelle que soit la chose que ». Voici le test, les expressions figées où l’on se trompe le plus, et le cas d’élision qui piège tout le monde.

Le tri en un test

Ce que vous voulez direOn écritLe test
Bien que, même siquoiqueRemplacer par « bien que »
Quelle que soit la chose quequoi queRemplacer par « peu importe ce que »
En tout cas, de toute façonquoi qu’il en soitTrois mots, toujours
N’importe quelle chosequoi que ce soitTrois mots, toujours
Une réserve après coupquoiqueEmployé seul, registre familier

Le test de « bien que » est fiable parce qu’il porte sur la fonction, pas sur la forme. Quoique est une conjonction : elle relie deux propositions et exprime une concession, c’est-à-dire une objection qui n’empêche pas le fait principal. Quoi que n’est pas une conjonction du tout : c’est un pronom suivi de « que », et ce pronom occupe une place dans la phrase — presque toujours celle du complément d’objet du verbe qui suit.

C’est d’ailleurs le second test, plus technique mais imparable : si vous pouvez supprimer « quoi » sans laisser le verbe amputé, c’est que le mot est soudé. Dans « quoi qu’il dise », enlevez quoi : « il dise » attend un complément, il en manque un. Deux mots. Dans « quoiqu’il pleuve », le verbe pleuvoir n’attend rien. Un mot.

« Quoique » : la concession

Quoique introduit une circonstance qui aurait dû empêcher le fait principal, et qui ne l’a pas empêché. C’est exactement la valeur de bien que, dont il est le synonyme courant.

« Quoique fatigué, il a terminé la réunion. » « Elle a accepté, quoique la proposition fût imprécise. » « Quoiqu’il ait plu toute la nuit, le terrain est praticable. »

Trois points d’usage à retenir.

Le subjonctif est de règle. « Quoiqu’il soit tard », « quoique vous ayez raison ». On rencontre l’indicatif chez des auteurs, et la langue ancienne l’admettait plus largement, mais dans un texte contemporain il passe pour une faute. Gardez le subjonctif.

L’ellipse du verbe est correcte. « Quoique malade, il est venu. » Le verbe être disparaît, la concession reste. C’est une construction élégante et sûre, très utile pour alléger une phrase.

Quoique s’élide devant les mots commençant par une voyelle, mais seulement devant une courte série d’entre eux : il, ils, elle, elles, on, un, une, en, ainsi. On écrit donc « quoiqu’il », « quoiqu’elle », « quoiqu’on », « quoiqu’en ». Devant les autres, pas d’élision : « quoique attentif », « quoique âgé », « quoique agréable ».

Notez que quoique est le concurrent direct de « malgré que », dont l’emploi comme conjonction reste discuté et vous sera reproché dans un contexte formel. C’est un des rares cas où une forme parfaitement compréhensible est à éviter par pure prudence, et le détail des reproches figure dans l’article consacré à « malgré que ». Quoique, lui, ne se discute pas : employez-le sans crainte.

« Quoi que » : la chose, quelle qu’elle soit

Ici, il n’y a pas de conjonction unique mais deux mots distincts que l’usage a rapprochés. Quoi est un pronom relatif indéfini ; que introduit la subordonnée. L’ensemble signifie « quelle que soit la chose que ».

« Quoi que vous décidiez, je vous suivrai. » « Quoi qu’il ait promis, rien n’a été fait. » « Quoi que l’on dise, le résultat est là. »

Dans chacune de ces phrases, quoi est le complément d’objet du verbe : vous décidez quelque chose, il a promis quelque chose, on dit quelque chose. Le pronom vient simplement se placer en tête, comme il le fait dans une interrogation.

Le subjonctif est ici obligatoire sans exception, parce que la tournure porte sur une hypothèse ouverte : la chose en question n’est pas identifiée.

Deux emplois se figent et méritent d’être mémorisés tels quels.

« Quoi qu’il en soit » signifie « en tout cas », « de toute façon ». C’est une charnière de raisonnement, très employée à l’écrit professionnel — et donc très souvent mal orthographiée. Trois mots. Le test le confirme immédiatement : « bien qu’il en soit » ne veut rien dire.

« Quoi que ce soit » signifie « n’importe quelle chose », et s’emploie surtout en contexte négatif : « il n’a rien dit à quoi que ce soit », « sans demander quoi que ce soit ». Trois mots également.

Ajoutez-y « quoi qu’il arrive », sur le même modèle, et vous couvrez la quasi-totalité des occurrences figées.

Le piège de l’élision : « quoiqu’il » et « quoi qu’il »

C’est ici que la faute résiste, parce que les deux graphies existent et se prononcent à l’identique.

  • « Quoiqu’il soit tard, je continue. » → bien qu’il soit tard. Un mot élidé.
  • « Quoi qu’il fasse, il échoue. » → quelle que soit la chose qu’il fasse. Deux mots.

Aucun indice visuel ne les sépare : ni le subjonctif, présent dans les deux, ni la ponctuation. Le seul recours est le test de substitution, appliqué à chaque occurrence.

Un repère supplémentaire peut aider quand le doute persiste. Après quoiqu’il, le verbe est complet : il ne manque rien à « soit tard ». Après quoi qu’il, le verbe est transitif et son complément a disparu en tête de phrase : « il fasse » quoi ? Cette lecture par la construction est plus sûre que l’intuition, exactement comme le test qui tranche entre quand, quant et qu’en.

« Quoique » employé seul

Un dernier emploi, plus familier : quoique placé en fin d’énoncé, isolé, pour ajouter une réserve après coup.

« C’est une bonne idée. Quoique. »

La conjonction garde sa valeur concessive, mais la proposition qu’elle devrait introduire reste sous-entendue. Le tour appartient à la langue parlée ; il est parfaitement admis dans un dialogue, une chronique ou un échange écrit informel. Il détonne en revanche dans un rapport, un courrier ou un texte administratif, où l’on préférera « encore que », ou une phrase complète.

Dans tous les cas, cet emploi s’écrit en un mot : c’est bien la conjonction, pas le pronom.

Le voisin de palier : « quel que » et « quelque »

La même mécanique — un mot ou deux, selon la fonction — gouverne un autre couple, et les deux se répondent.

Quel que, en deux mots, s’emploie devant le verbe être ou un verbe équivalent, et s’accorde avec le sujet : « quelle que soit la décision », « quels que soient les motifs ». Quelque, en un mot, est un déterminant ou un adverbe : « quelque temps », « quelque cent personnes ».

La parenté avec quoi que est directe : dans les deux cas, la forme en deux mots contient un élément qui a une fonction propre dans la phrase, quand la forme soudée n’est qu’un outil de liaison. Le détail des accords est traité dans l’article sur « quel que soit » et « quelque ».

Retenez donc la même méthode que pour tous les homophones grammaticaux : ne cherchez pas à mémoriser une liste de phrases, substituez et vérifiez que la phrase tient encore. Deux secondes de test valent mieux qu’une règle apprise et oubliée.

Questions fréquentes

Comment savoir si on écrit quoique ou quoi que ?

Remplacez par « bien que ». Si la phrase reste correcte et garde son sens, écrivez quoique en un mot : « Il est sorti quoiqu'il pleuve » devient « bien qu'il pleuve ». Si le remplacement échoue, essayez « quelle que soit la chose que » : « Quoi qu'il dise » devient « quelle que soit la chose qu'il dise ». Dans ce second cas, deux mots. Le test fonctionne dans tous les emplois courants.

Écrit-on « quoi qu'il en soit » ou « quoiqu'il en soit » ?

Toujours « quoi qu'il en soit », en trois mots. L'expression signifie « en tout cas », « de toute façon » : quoi y est un pronom qui reprend l'ensemble de ce qui vient d'être dit, et il n'y a aucune concession à introduire. Le test le confirme, puisque « bien qu'il en soit » ne veut rien dire. La graphie soudée est une des fautes les plus fréquentes de la langue écrite professionnelle.

Faut-il le subjonctif après quoique et après quoi que ?

Oui, dans les deux cas, et c'est ce qui rend le test indispensable puisque le mode ne les distingue pas. « Quoiqu'il soit tard, je continue. » « Quoi qu'il fasse, il échoue. » On rencontre parfois un indicatif après quoique dans la langue littéraire, mais l'usage courant demande le subjonctif : dans un texte professionnel, gardez-le systématiquement.

Peut-on écrire « quoique » tout seul en fin de phrase ?

Oui, et cela s'écrit bien en un mot : « Il a raison. Quoique. » La conjonction est employée seule pour marquer une réserve après coup, la suite de la phrase restant sous-entendue. C'est un tour de la langue parlée, parfaitement admis à l'écrit familier ou dans un dialogue, mais qui détonne dans un rapport ou une lettre. Écrivez plutôt « encore que » ou reformulez.

Sources et méthode

  • Grammaires d'usage et dictionnaires de langue française pour l'emploi de la conjonction concessive quoique et de la locution pronominale quoi que